Le plan d'action de Mova pour la police

Pour une police encore plus efficace au service des citoyens

 

Excellence Monsieur le vice-ministre,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Monsieur le Commissaire Général,

Messieurs les officiers supérieurs de la police,

Mesdames et Messieurs de la police nationale congolaise,

 

Auguste assemblée triée sur le volet à l’occasion de cette solennelle présentation de ma modeste personne aux officiers, sous-officiers et agents de la police nationale, permettez-moi de vous saluer chaleureusement et de vous exprimer ma gratitude pour votre présence qui m’enchante.

 

Il a plu au Président de la République, Chef de l’Etat, Commandant suprême des Forces Armées de la République Démocratique du Congo et de la Police Nationale Congolaise, de me faire l’honneur d’entrer au gouvernement de la République pour m’occuper de la question régalienne de la plus haute importance. A savoir : la vice-primature en charge de l’Intérieur et de la sécurité.

Je saisis cette opportunité pour lui témoigner ma plus haute reconnaissance et mon attachement indéfectible aux valeurs qu’il incarne. Je m’efforcerai de travailler avec ardeur et abnégation pour mériter de sa confiance à travers une prestation qui réponde véritablement à ses attentes et à celles de la nation.

 

Appelés à accompagner le Chef de l’Etat dans sa noble mission de conduire aux meilleures destinées notre chère nation, nous nous devons de placer l’intérêt collectif au-dessus de nos ambitions personnelles. La patrie attend de nous un travail digne d’éloges. L’amour de la patrie nous incite à ne jamais trahir le Congo et en en faire la première de nos objectifs tant il nous a accueillis à notre naissance, nous porte durant tout notre séjour terrestre et recueille nos restes, liant ainsi notre sort au sien pour l’éternité.

 

Mesdames et Messieurs,                                  

L’engagement pour servir la nation sous le drapeau est la plus éloquente expression du nationalisme. Accepter de sacrifier sa vie pour que vive la patrie bien-aimée est l’engagement que vous avez pris et vous vous y consacrer avec une énergie jamais égalée. Soyez-en remerciés. Vous êtes dignes de la nation et le peuple congolais vous sait gré. Il ne saurait en être autrement car la police est un vivier d’un nationalisme sans complaisance. Il faut être suffisamment imprégné des valeurs patriotiques pour défendre vigoureusement la patrie jusqu’au sacrifice suprême.

 

Cet engagement au-delà de l’imaginable requiert des qualités pour servir efficacement la mère-patrie. Parce que vous êtes des représentants de l’Etat, vous devriez en incarner les valeurs. La rigueur de l’accomplissement de votre travail, une moralité sans faille, une honorabilité à toute épreuve, la dignité à tout instant, l’exemplarité infaillible, … toutes ces exigences éthiques sont co-existentielles au noble métier de policier. Vous ne devez donc jamais en rabaisser la prestance. Le représentant de l’Etat et de l’ordre public qu’est le policier ne doit pas transiger sur les questions de moralité et de déontologie tant les attentes de la population sont immenses envers ceux qui assument la tâche de sa sécurité. Il n’y a pas de société sans l’ordre. Il n’y a pas d’ordre sans la police. Il n’y a donc pas de société sans la police. Vous êtes la condition sine qua none de la vie en communauté civilisée, organisée et hiérarchisée.

 

Premiers défenseurs de la communauté nationale, vous devez avoir chevillé au corps le sens de l’Etat. Vous êtes en même temps les défenseurs des valeurs qui fondent la République et consolident la démocratie. Parce que vous combattez la permissivité au sein de la société, vous ne devez en aucune manière la tolérer parmi vous. Ne regardez donc pas les bras ballants s’installer la chienlit. Que le désordre ne puisse trouver aucun espace d’expression car il est votre principal ennemi en tant agents de l’ordre. Que le mauvais citoyen ne chasse pas le bon. Nous ne devons pas voir émerger une société déstructurée où les méchants trônent et les bons obligés de se cacher. La loi de Gresham qui, en économie, veut que la mauvaise monnaie chasse la bonne, ne devrait pas s’appliquer en matière de sécurité et d’ordre public. Il nous faut un principe anti-Gresham ou une doctrine Gresham à l’envers : que les bons citoyens soient plus à l’aise et se sentent plus en sécurité dans l’espace public et que les mécréants rasent les murs par la peur que leur imposent les moyens de la puissance publique.

 

Mesdames et Messieurs de la police, vous êtes les garants de la sécurité. Comme la justice élève la nation, soyez donc justes si vous rêvez de la grandeur du Congo. Votre lutte doit se nourrir de la foi et de la détermination pour qu’elle produise la quiétude et la sérénité chez nos compatriotes. Sauf à nous perdre, nous ne pouvons pas laisser filer à la hausse la criminalité qui s’affiche déjà dans des proportions inquiétantes.

 

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Le délinquant ne doit pas régner dans nos rues. Que les bons jouissent de la tranquillité publique et que les méchants se sentent traqués jusqu’à leur dernier retranchement. La puissance publique doit s’exercer et se faire respecter. Il n’y a pas mieux que la police pour cette noble tâche en collaboration avec les instances d’éducation civique et le relais des entités judiciaires. La police, par son travail acharné, permet à la puissance publique de s’exprimer éloquemment en produisant l’ordre public par les moyens de l’Etat pour assurer la sécurité du territoire, de la population et l’application des lois et règlements. La police dispose pour ce faire de moyens de contrainte. En interne, elle a le monopole de la force légitime. La police a pour principal mission de faire prévaloir l’intérêt public. Elle a la charge du maintien de l’ordre public pour assurer la paix civile.

 

La police sera encore plus efficace en privilégiant la prévention en association avec d’autres strates de la société. Pour y arriver, nous devons la doter des moyens de prévenir et donc de lutter efficacement contre les incivilités. Il lui faut alors un entraînement spécifique, des moyens adaptés et des tactiques plus appropriées. La nation congolaise a fait volontairement le choix de la démocratie. Sa police doit s’inscrire dans cette logique et se mettre au service des citoyens en défendant également les institutions que le peuple s’est données. Les civils ne sont donc pas de combattants ennemis même lorsqu’ils ont violé la loi. Même en cas d’émeute ou de tentative d’insurrection, les civils sont des compatriotes qui, momentanément, on perdu le sens de la citoyenneté. C’est donc des égarés qu’il faut ramener à la raison.

 

Il faudra ainsi les contenir, les canaliser, les redresser, les aiguiller, les conduire, les conseiller, etc. pour les soumettre au respect de la loi en utilisant le minimum de violence. C’est le sens de la proportionnalité et de la réversibilité. Les forces de l’ordre sont avant tout de gardiens de la paix. Elles sont les garantes de la paix civile. Elles apportent la réponse à la délinquance et aux incivilités. Elles combattent et réduisent l’impunité. Elles évitent que quiconque brise le mythe républicain. Elles assurent à tous que la force doit rester à la loi. C’est en cela qu’elles sont les symboles de l’Etat et surtout de l’Etat de droit.

 

La police doit être en pleine complicité avec le peuple de qui elle a reçu mission. Il est donc une erreur inqualifiable de se mettre à dos le peuple de même qu’il est dangereux pour la concorde nationale que les citoyens cessent d’en appeler à sa police. La sécurité fait partie des droits inaliénables et imprescriptibles de l’homme. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen le stipule. Pour assurer cette sécurité (en tant que droit de l’homme), il faut mettre sur pied une force publique qui est matérialisée par la police. Donc, la police est un instrument pour la sauvegarde des droits de l’homme et est au service de la communauté. Il ne saurait donc exister de dichotomie entre la police et les droits des citoyens. Il est possible de poursuivre les criminels sans harceler les citoyens. Cela est possible et constitue même la base de la police au service de la nation.

 

Mes chers compagnons de lutte, l’Etat n’a pas besoin de rogner sur les libertés publiques pour assurer la sécurité de tous. Il est possible et il est souhaitable voire indispensable de sécuriser la population dans le respect de ses droits fondamentaux. Ne nous méprenons pas : la première liberté du peuple, c’est la sécurité. La police en est la garante commissionnée par toute la nation.

 

La noble mission de la police est de protéger le Congo et les Congolais. Les policiers sont, à ce titre, les premiers défenseurs des droits de l’homme. Ils sont même les défenseurs des autres acteurs qui s’affairent à protéger les libertés publiques. Les policiers sont les défenseurs des défenseurs des droits de l’homme. Ils protègent les nationaux et les étrangers avec un sens élevé de sacrifice.

 

La police produit l’ordre et le sauvegarde. Elle ne le produit pas seulement par la peur que suscite le policier. Même si cela est le commencement de la sagesse. Mais l’ordre public est une co-production par la prévention, nécessité d’une collaboration entre plusieurs éléments de la société. Lorsqu’arrive le tour de la répression, la police est appelée à agir avec responsabilité. Maintenir l’ordre ne vise pas à tuer, mais à contraindre. Par cette coercition, les citoyens en marge de la société sont rééduqués pour rentrer dans les rangs. Il n’est donc pas nécessaire de dépasser un certain niveau de violence. Il est possible de construire un modèle de maintien de l’ordre intelligent. Il est possible que la sanction, la punition, la correction et la répression soient mises au profit de plus faibles.

 

Mesdames et Messieurs,

La police est un groupe décisif dans la détermination du destin collectif. Elle forge la conscience nationale. Elle a une expertise professionnelle. Elle est un système éprouvé d’autorité et de sanctions tout en étant un réceptacle d’émulation. Sans la police, la gouvernabilité de la démocratie est impossible. En effet, le désordre ne peut pas s’ériger en une valeur constitutive du prix à payer pour exercer sa citoyenneté. Il est possible d’exercer ses droits de citoyen sans perturber l’ordre public. Car « le danger de la licence est plus grand que celui de l’abus » (Harold Lasswell). La police est même une condition d’exercice des libertés individuelles. Elle ne saurait donc en être le mur d’empêchement.

 

Quelqu’un disait que les sociétés n’avaient que les criminels qu’elles méritent ; je voudrais le paraphraser en disant que la société n’a que la police qu’elle mérite. Si nous voulons une police plus aguerrie, nous devons le dire et y mettre les moyens. La police est l’émanation de la société. Elle est en congruence avec celle-ci. Notre police est un organisme structuré par divers réseaux tant matériels que spirituels. Elle veille à la discipline collective sans laquelle il n’y a point de projet commun. Elle assure une société sécuritaire en détectant les malfrats pour les mettre hors d’état de nuire. Elle a une mission de contrôle, de surveillance, d’inspection et de moralisation. Quand elle réprime, c’est toujours avec bienveillance car qui aime bien châtie bien.

 

Mes chers amis,

Comme on le voit, la police a une noble mission. La probité lui sert de socle pour la réalisation heureuse de sa mission. Elle doit s’en acquitter en étant imbue des valeurs déontologiques très rigoureuses. Elle doit être loyale envers les institutions de la République. Elle doit être intègre, neutre et impartiale. Elle doit être exemplaire. Elle doit respecter les citoyens et vivre en symbiose avec eux. Elle doit être pourvoyeuse des services aux peuples dans le besoin. Elle doit porter assistance à quiconque se sent en danger. Le policier est après tout un fonctionnaire de l’Etat au service de l’intérêt général.

 

La police doit développer une solide culture de renseignement. C’est la priorité pour consolider la prévention et normaliser la répression. Il nous faut un sens élevé du secret et une vision stratégique de nos missions régaliennes. Ce même esprit doit être inculqué à tout notre peuple. La discipline, l’ordre et la sureté, il y n’en a pas dans les troupes quand il n’y en a pas dans la société. A l’inverse, les troupes ne peuvent imposer l’ordre et la discipline à la nation si elles n’en ont pas en leur sein. C’est donc ensemble, société et forces de l’ordre, que nous devons travailler pour avoir quelque chance de succès.

 

Cette société doit changer si elle veut voir son évolution ascendante. Il lui faut revenir à la norme. Il lui faut de la décence qui condamne que n’importe qui ne fasse n’importe quoi. Tout n’est pas permis. La mesure doit nous caractériser. Une tenue sociale correcte est indispensable si nous voulons voir le progrès social s’ériger sur le sol de nos ancêtres. Les incivilités ne servent pas la nation. L’amour du désordre ne doit pas être une gloire. On ne triomphe pas dans la société à être le plus grand violeur des règles. Que les actes répréhensibles trouvent déjà la clameur populaire pour les remettre en question. Qu’il y ait une union sacrée au sein de la population pour réprouver les mauvaises conduites. La tâche de la police n’en sera qu’allégée. Que le premier policier soit le citoyen qui condamne les comportements marginaux. Que le premier renseignant soit le citoyen qui voit le mal et le dénonce.

 

Mes chers amis,

Ma priorité, c’est vous ! Les ressources humaines doivent être notre préoccupation indéfectible. Il faut des ressources humaines de qualité possédant des compétences requises. Les policiers sont des professionnels de l’ordre public. La formation est incontournable. Il faut former, former encore, former toujours, former en permanence la police qui doit s’adapter à l’évolution de la société.

 

Il nous faut un vaste programme volontariste. Il nous faut un corps de métiers, un génie civil, les pratiques sportives, la santé et les œuvres sociales, la formation et le perfectionnement, l’équipement, la communication, la mobilité, etc.

 

Qu’on opte pour la tolérance zéro, selon le principe du carreau cassé, ou la doctrine de la police de proximité, je reste adepte de la vieille sagesse qui enseigne que quiconque vole un œuf, vole un bœuf. La répression doit commencer à la maison pour avoir des bons citoyens. La délinquance se nourrit de la permissivité dans les familles qui rechignent à punir les enfants qui brisent les règles. C’est ensemble que nous construirons l’ordre public en coopérant avec la police contre les fauteurs des troubles dans nos maisons et sur nos routes. La sécurité est l’affaire de tous. La police nous convie à collaborer avec elle pour assurer la sécurité, le maintien de l’ordre, la protection des personnes et des biens, des réseaux de communication et de transport, la lutte contre la fraude et les cyberattaques, la lutte contre la délinquances et la consommation des substances prohibées, la violation de la loi et des règlements, la prévention et le traitement des risques naturels ou  technologiques, etc. La police est appelée à se battre sur tous ces fronts.

 

La tâche est immense. Mais, elle est surtout rude et ostensiblement ingrate car la reconnaissance populaire tarde souvent à venir. Malgré cela, j’ai bon espoir : nous n’allons pas nous dérober face à nos responsabilités. Nous n’allons pas démissionner face aux exigences de nos fonctions. Nous n’allons pas céder à la facilité ce qui serait un signe de faiblesse ; ce qui serait consacrer l’impuissance publique. La police ne devrait en aucune manière tolérer la débandade sociale devant les délinquants et les perturbateurs de l’ordre public qui dérangent la sérénité et la quiétude du peuple souverain.

 

Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre aimable attention.

 

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